sp_a0340Depuis le plus loin que je me souvienne, je suis une “victime” idéale pour la presse féminine. J’achète tous les mois religieusement certains magazines : Biba en première position. Pourquoi, je ne sais pas. Une habitude prise depuis trop longtemps pour que je m’en souvienne. Je sais que je ne vais rien en tirer. Je sais que je vais avoir terminé ma lecture en quelques minutes. Je sais que les différents vêtements qui y seront présentés ne seront pas pour mon porte-monnaie. Je sais que les remèdes miracles de régime seront infaisables. Je sais que les idées voyages présentées seront également hors de mn budget. Je sais que je vais me dire que je suis stupide de dépenser mes sous dans de tels achats. Mais rien n’y fait. Je recommence chaque mois.
En fait, lire ces revues est une sorte de délassement. Cela me repose. Je peux me vider la tête. Regarder des images, lire des articles sans avoir besoin de mettre en action tous mes neurones. J’oublie les éventuels soucis de la journée. Je me coupe du monde. Il n’y a plus que moi et mon magazine. Relation presque intime. Une fois lu, j’enchaîne parfois avec un autre si j’ai eu la main leste et ai décidé de dépenser davantage. À mon Biba du mois peuvent suivre : Glamour, DS, Cosmo, Elle, Marie-Claire, etc.
Le pire : lorsque je prends le train. Avant de trouver ma place je passe par le Relay. Un passage obligé. Et là, je grille ma CB en revues. Il faut que j’achète des revues. J’élargis mon choix : cuisine, décoration, voyage et bien entendu PEOPLE.
Une fois les divers magazines lus, je les garde précieusement. Car leur vie n’est pas terminée. Je les empile et lorsque cela me prends, je les trie. Oui, je sais, la honte. Je replonge scrupuleusement dans chacun de ces numéros. J’arrache des pages. Je les conserve dans des chemises. Tel article sur des produits de beauté, tel autre sur des vêtements miraculeusement accessibles pour moi. Etc.
Ensuite une fois tout bien rangé dans des chemises, je range l’ensemble bien au chaud dans un tiroir.

En général, quelques mois plus tard, je ressors ces documents et j’en jette la plupart. Cela ne sert à rien, mais je ne peux m’en empêcher. Et cela dure depuis bien longtemps et je ne pense pas que cela se terminera de si tôt.
En pensant à toutes ces images de mode, ces vêtements hors de prix, ces chaussures hors de prix, je replonge plusieurs années en arrière. Il y a environ dix ans. Alors étudiante, je travaillais à temps partiel au Printemps. Vendeuse parmi tant de vendeuses trois jours par semaine. Si l’emploi était loin d’être bien payé, le fait de travailler dans un temple de la mode me titillait continuellement. Je passais donc une grande partie de mon salaire dans les fringues. Retour à l’envoyeur. Je remboursais mon employeur. Il faut dire que j’avais les fameux 15% des employés sur tous les vêtements et que de plus j’avais une carte magique qui me permettait d’acheter quelques articles par an à -50%. Des vêtements soit disant utilisés pour me vêtir lors de mes jours de travail. Je m’offrais des articles hors de prix. Grisée par toutes ces choses brillantes. Une vraie drogue.
Aujourd’hui, je suis bien loin de tout cela. Peut-être ai-je compris la valeur de l’argent. Peut-être suis-je simplement devenue raisonnable. Je me revois déambulant dans les rayons, à la recherche de ma prochaine acquisition…

Légende : Petit réconfort du jour. Une succulente tarte au citron meringuée. Un délice pour les papilles. De la magie à l’état pur. Comme les enfants je prends mon goûter. 16h30, je stoppe le travail et déguste mon auto-cadeau.

3 réponses “Réflexion 001”

Laisser un commentaire