sp_a0281C’est étrange. Le 20 février je faisais un dernier au revoir à une boule de poils qui partageait ma vie depuis plus de 10 années. Cela fera bientôt un mois et pourtant j’ai l’impression qu’elle est partie il y a beaucoup plus longtemps que cela. Parfois, c’est presque comme si elle n’avait existé que dans mes rêves, mon imagination. Pourtant elle me manque quotidiennement. Pas un jour ne passe sans que je pense à elle. Sans que je me rappelle que non, elle ne sera pas derrière la porte lorsque je rentrerai ce soir, non elle ne viendra pas miauler en pleine nuit réclamant des caresses, non elle ne miaulera pas non plus devant le frigo à la quête de mets improbables. Elle n’est plus là. Elle est devenue cendres. Un tas de cendres. Alors, je me réconforte en pensant que cette petite boule de poils a eu une belle vie. Que je lui ai donné beaucoup d’affections et d’attentions. Que c’était la meilleure solution pour lui éviter des souffrances inutiles. Qu’elle est partie juste à côté de moi, que j’étais là, que je l’ai caressée et qu’elle sera quoiqu’il arrive toujours quelque part au fond de mon cœur et de mes pensées.
C’est étrange l’importance qu’un petit animal peut prendre dans une vie. Certains comprennent d’autres non. Peu importe. Certains me disent de reprendre rapidement un autre animal. Mais pour le moment ce n’est pas possible. J’ai besoin que le temps passe. J’ai besoin de ne plus être triste, de ne plus avoir l’impression de la voir partout dans l’appartement, de ne plus avoir de réflexes tel que celui, lorsque je suis devant mon ordinateur, de tourner la tête, de regarder derrière moi le gros coussin où elle avait l’habitude de dormir. Je n’ai pas bougé ce gros coussin. Il est toujours là avec encore la forme de son petit corps. Comme une dernière trace de son existence que je ne suis pas encore prête à effacer.
C’est étrange. J’ai pourtant tout jeter. Il ne reste rien qui la concerne ou presque. Son collier. J’ai voulu faire table rase. J’ai comblé les espaces laissés vides. Mais ce coussin-là, je n’y arrive pas. Pas pour le moment.
C’est étrange. Lors des derniers jours, lorsque j’ai appris dans le même temps qu’elle était malade, qu’elle était condamnée et qu’il ne lui restait guère beaucoup de temps à vivre, j’ai cherché. Cherché quoi. Je ne sais pas. Je me suis perdue dans les sites, les blogs, les forums parlant d’animaux. Peut-être étais-je à la recherche d’un réconfort. Peut-être étais-je à la recherche d’un miracle n’étant pas prête à me séparer d’elle.
Le vétérinaire m’a pourtant à plusieurs reprises expliqué que je ne devais pas m’en vouloir. Que les chats étaient des machines très résistantes et que dès lors que la maladie commençait à montrer des signes c’est qu’il était déjà trop tard. Que je prenais la bonne décision. 
C’est étrange ce rapport au temps que j’ai depuis qu’elle n’est plus. J’ai à la fois l’impression qu’une éternité s’est écoulée depuis son dernier souffle et que je viens tout juste de la quitter. Je me sens comme happée dans une drôle de spirale où le temps joue continuellement à reculer ou avancer sans aucune logique. 

 

Légende : la fameuse publicité qui fait beaucoup parler d’elle mais pas dans le bon sens. J’ai les premières fois pensé que c’était une blague. Où est la caméra cachée. Je dis chapeau aux créatifs. De l’art, du vrai…

3 réponses “Temps relatif”

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